Un jour, j’ai emménagé dans le 14e

Depuis ma fenêtre

Si on m’avait dit qu' »un jour », je dirais « j’arrive dans le 14e » et non « je quitte le 11e », je ne l’aurais pas cru. Des restaurants à tester, des terrasses à explorer, tout un quartier à apprivoiser, pour l’instant je m’y fais bizarrement très bien. Je me suis fait à l’appartement, depuis quelques jours je marche même pieds nus, ce qui est un grand signe d’adaptation.


J’ai gagné en confort : j’ai un bureau rien qu’à moi avec atelier badges et studio graphique côte à côte, plus pratique tu meurs (+1). Je croule sous les commandes enneigées sans avoir à courir dans l’appartement pour grappiller quelques secondes (+1). Je travaille la fenêtre ouverte et un vent délicat vient me titiller la joue gauche (+1). Il paraît même que je pourrais bronzer à l’intérieur de l’appart SI JE VOULAIS (+0,5). Je suis blanche parce que je le veux bien.

Evidemment il y a un prix à payer pour tout ça. Les incessants « Noah ? », « Noah ? », « Noah ? », « Noah ? », « Noah ? », « Noah ? », « Noaaaaaaaaaaaaaaah ? » ont été remplacés par d’autres incessants bruits de rebonds de ballons de basket (-1). Certes le double vitrage est impressionnant, mais ma joue gauche n’est pas contente.

J’ai emménagé depuis trois semaines et je joue encore au jeu des 7 différences. Parce qu’il y a des différences fondamentales entre ces deux arrondissements. D’abord les primeurs. Jamais je n’ai vu une concentration aussi impressionnante de vendeurs de fruits et légumes. Au début je me suis dit que les loyers étaient tellement chers que les habitants n’avaient pas d’autres choix que de s’interdire la viande. Et puis j’ai vu les prix de la marchandise.

Il y a aussi vraiment (non mais vraiment) beaucoup de fauteuils roulants motorisés de ce côté de la Seine. C’est fou : pourquoi ? On va dire que je n’ai que des théories pécunières mais je pense que c’est parce que par ici les gens ont les moyens d’investir dans ce matériel perfectionné. Dans le 11e, même dans la partie « populaire », ces engins n’existent pas encore.

Il y a aussi le bruit, ici tout est plus calme. Les enfants crient moins fort, alors que les oiseaux s’en donnent à cœur joie. Il y a moins de voitures et les rues sont toutes en sens unique. 400 m à pied = au moins 1 km en voiture, je vous assure. Tout de suite, le coût en essence (oui, encore !) est plus que doublé par rapport à un arrondissement « normal ».

Et en vrac il y a : un métissage surprenant mais très présent, bien moins de « jeunes », bien plus de places libres en terrasse, des gens qui disent « bienvenue », des cocas à 5 euros, des enfants qui demandent « je peux t’arroser ? » quand ils jouent au pistolet à eau, des bières à 4 euros, un Copytop sympa, de l’herbe confortable dans MON parc (j’ai un parc !)… En fait il n’y a pas beaucoup de constante si ce n’est que les stations Velib près de chez moi sont toujours vides, et ce des deux côtés de la Seine.

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