Un jour, j’ai vu Raoul de et avec James Thierrée

Aventurière, je ne suis pas allée voir de vidéo, résumé ou critique du spectacle. On m’a dit « c’est super ! » et je me suis auto hypnotisée avec le diamant de mon sceptre à la Jafar : « aaaaaiiiie confiaaaaaance ! » Pour savoir si on a de bons informateurs, il faut au moins tenter une fois. Maintenant je sais.

Une heure avant le grand show, je retrouve mes copines toutes fofolles, méga ultra contentes d’avoir réussi à choper le jour pour le lendemain des places pour ce spectacle inratable, grâce à une autre informatrice qui pensait les narguer en leur disant qu’elle en serait. Elles ont déjà vu le premier spectacle de James alors que je ne connais même pas son nom. Elles connaissent sa généalogie par cœur, et reconnaissent dans la foule son géniteur alors que je découvre juste qu’il est le petit-fils de Chaplin.

Nous ne verrons pas le spectacle ensemble. Ne mesurant pas ma chance d’assister à ce spectacle, j’ai pris mon billet à la dernière seconde. J’écope d’un siège en 3e balcon côté droit, quand elles se retrouvent au 1er étage face. Est-ce que cela va jouer dans le déroulé de la soirée ? Peut-être. Un peu. Disons que j’aurai un torticolis et pas elles, que je suffoquerai un peu et pas elles, et surtout que je verrai tout de haut et en diagonale.

Je ne sais pas pourquoi mais la magie n’a pas pris. J’ai eu beau essayer de ne pas me fermer mais le spectacle a comme glissé sur moi. Certes j’ai apprécié le décor, trouvé la mise en scène bien foutue, la régie super calée, le garçon mime-clown-acrobate-danseur élégant (à un moment je me suis même dit « je vis un instant de grâce ! »), j’ai trouvé les poissons-oiseaux-eléphants très oniriques, la bande-son top… je ne suis pas insensible ! Mais, mais, mais… il m’a manqué une structure, une histoire vertébrale qui cadre et qui me dit que je ne peux pas TOUT imaginer. Les passages clownesques du garçon essayant plusieurs fois de remettre son manteau ou de marcher, les multiples mutations en animaux, les passages « pour enfants » m’ont d’abord amusé mais bien vite ennuyé. J’ai même regardé l’heure, à 21h37 (il restait 13 minutes). J’ai bâillé bien des fois mais suis restée éveillée jusqu’au bout. Il fallait que je sache s’il y avait un ou deux héros jumeaux, fight club or not fight club style. Solution 1 : bluffant, solution 2 : dommage qu’on ne les voit quasiment jamais ensemble. Suspense !

22h40, le héros s’envole, le public se lève et lui offre une salve d’applaudissements impressionnants. Je suis encore à me demander si mes copines vont être aussi ravies à la sortie qu’à leur entrée dans la salle, et si j’applaudis mollement, force est de constater que le public ovationne goulument. Salut, resalut et reresalut. Solution 1. OK bien joué. Pas mal aussi les machinistes.

Je respire la fraîcheur (27 °C) de l’air pur de la capitale et retrouve mes copines, qui ne m’ont cette fois pas oubliée. Je vois dans leurs yeux qu’elles viennent d’avoir un orgasme spectatoral. Il y en a même une qui, une bière plus tard, déclarera « c’est le spectacle de ma vie ». Je ne l’ai pas vue depuis mon 3e balcon mais à la fin du spectacle, elle a pleuré, ébahie devant tant de beauté. S’ensuit un décorticage de tous les moments techniquement et gracieusement siii éblouissants. Je me sens un peu à côté de la plaque et me dis que j’aurais dû écrire un billet en sortant du Porteur d’histoires.

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